En néphrologie, la polyvalence des infirmières techniques

Nadia Asloune et Marion Barriot sont infirmières techniques dans le centre de dialyse de l’hôpital Édouard Herriot. Toutes deux multiplient les compétences : techniques spécialisées, gestion logistique et accompagnement humain.

Contrairement aux infirmières techniques de réanimation ou d'urgence qui gèrent principalement les appareils médicaux, Nadia Asloune et Marion Barriot assurent des missions plus élargies dans lesquelles elles semblent franchement épanouies. Elles gèrent à elles deux la salle technique du centre de dialyse de l’hôpital Édouard Herriot, où se déroulent les biopsies ou encore la pose des cathéters. Elles préparent les instruments et assistent le néphrologue pendant l’intervention durant laquelle elles peuvent utiliser, si besoin, des techniques comme l'hypnose pour améliorer le confort du patient lors des gestes invasifs. Gestion logistique et administrative, elles sont aussi responsables de la gestion des stocks, des commandes de matériel, de la vérification des péremptions et de la programmation des patients sur les logiciels dédiés. Côté coordination, ce sont elles qui font le lien entre le service, la pharmacie centrale et les centres partenaires comme l'Aural pour le suivi des patients dialysés à domicile.

Un accompagnement personnalisé

Les deux infirmières techniques jouent un rôle central dans le parcours du patient. « Lorsque le débit de filtration glomérulaire (DFG) d'un patient descend en dessous de 20, nous sommes avec le médecin pour présenter les différentes options de suppléance : hémodialyse, dialyse péritonéale et greffe. » Elles utilisent alors des mots simples et des supports visuels (vidéos, livrets) pour aider le patient à choisir. Dans les ateliers d’éducation thérapeutique du patient (ETP), elles forment les patients aux règles d'hygiène strictes, indispensables pour éviter les complications à domicile. Elles abordent aussi la diététique, l'activité physique et l'observance du traitement. Puis, elles revoient le patient pour lui remettre les ordonnances, expliquer le parcours opératoire et le suivi. Elles consacrent un temps important par patient pour rassurer et s'assurer que les informations sont comprises et intégrées, « de 40 minutes à 2 heures », indique Nadia Asloune. Un temps d’autant plus nécessaire qu’environ « 30% des patients commencent la dialyse en situation d’urgence », complète Marion Barriot. 

Dialyse péritonéale : accompagner l’autonomie des patients

Depuis janvier 2025, les néphrologues du service proposent la pose du cathéter de dialyse péritonéale en ambulatoire aux patients en insuffisance rénale terminale, principalement de jeunes actifs en attente de greffe ou des personnes âgés afin d’éviter les déplacements répétés à l’hôpital. Contrairement à l’hémodialyse, la dialyse péritonéale utilise le péritoine, membrane naturellement très vascularisée qui entoure les organes digestifs, permettant le drainage puis l’infusion du liquide de dialyse. « C’est une spécificité du centre de dialyse : la pose du cathéter par voie percutanée sous anesthésie locale par les néphrologues, ce qui évite l'anesthésie générale et permet une intervention en ambulatoire », informent les infirmières. Le centre de dialyse de HEH fait figure de centre référent unique dans la région.

Organiser la pose du cathéter commence par la gestion de la composition du « panier » chirurgical et le planning opératoire. « La DP (pour dialyse péritonéale, ndr) à domicile représente "l'hôpital à la maison", ce qui peut générer des craintes. Plusieurs aspects sont à envisager avec le patient. D’abord, les freins psychologiques. Les patients, surtout les plus jeunes, peuvent être réticents face à la modification de l'image corporelle due au cathéter permanent sur le ventre. Les contraintes logistiques dû à l'encombrement important du matériel et le fonctionnement du cycleur qui peut être bruyant. Mais le patient dialysé à domicile retrouve de l’autonomie, il peut gérer ses horaires et même partir en vacances en se faisant livrer le matériel sur son lieu de villégiature. »

Image
Nadia Asloune et Marion Barriot, infirmières techniques au centre de dialyse de l'hôpital Édouard Herriot, Hospices Civils de Lyon

Un binôme de confiance

Garantes de la sécurité technique des accès à la dialyse tout en étant les éducatrices principales qui permettent au patient de devenir acteur de son traitement à domicile, Nadia Asloune et Marion Barriot sont pleinement investies dans toutes leurs missions. « Ici, nous sommes entendues et notre travail est considéré, c’est gratifiant », précise Marion Barriot. À quelques années de la retraite pour la première et, avec vingt ans d’expérience pour la deuxième, ce binôme expérimenté est sans nul doute un atout pour les patients suivis en néphrologie, ainsi qu’un soutien fiable pour les professionnels de santé avec lesquels il collabore. 

Dernière mise à jour le :
Blocs libres