Dépistage du cancer du poumon : premier bilan à six mois du programme IMPULSION

À l’occasion de Novembre Perle et du Mois sans tabac, les HCL et l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes (ARS) font le point sur le programme national pilote IMPULSION , et sur les dispositifs favorisant le dépistage, la prévention du tabagisme et l’accompagnement vers l’arrêt.

Déployée le 18 mai 2026 puis étendue à l’ensemble du territoire en septembre, cette expérimentation réduit les inégalités de santé en allant à la rencontre des publics prioritaires. 

Près de 2 500 participants en France

Au 2 octobre 2026, 825 personnes avaient été incluses dans le programme en Auvergne-Rhône-Alpes, sur un objectif régional de 2 500 participants. À l’échelle nationale, 2 476 personnes avaient alors rejoint l’expérimentation, sur un objectif global de 20 000 inclusions sur environ 18 mois.

Le déploiement régional s’appuie sur 19 centres autorisés à inclure des participants, au sein d’un réseau national de 63 centres ; 35 centres sont autorisés à réaliser les scanners en Auvergne-Rhône-Alpes.

Chaque participant sera suivi pendant cinq ans afin d’évaluer les conditions de mise en œuvre d’un dépistage organisé, notamment l’adhésion des participants et la coordination de leur parcours.

Ces premiers résultats soulignent un enjeu pour la suite : diversifier les voies d’accès au dépistage afin de toucher davantage de personnes éligibles.

 

« Avec IMPULSION, nous évaluons les conditions de mise en œuvre d’un dépistage organisé auprès des personnes les plus exposées. Pour que cette démarche porte ses fruits, nous devons aussi faciliter l’accès au programme, en mobilisant les professionnels de santé et en proposant aux personnes concernées un parcours coordonné, qui intègre également l’accompagnement vers l’arrêt du tabac. »

Pr Sébastien Couraud, pneumologue aux Hospices Civils de Lyon et coordonnateur du programme IMPULSION.

Un soutien financier renforcé sur les territoires

En 2024, 21 000 personnes étaient atteintes d’un cancer du poumon en Auvergne-Rhône-Alpes. La même année, près de 5 500 nouveaux patients ont été diagnostiqués et 3 500 décès recensés. Environ 70 % des cancers du poumon sont découverts à un stade avancé (stades III ou IV), lorsque les possibilités de traitement curatif sont plus limitées.

Le programme reçoit un soutien financier de la direction générale de la santé et des Agences régionales de santé pour le développement sur les territoires. Ainsi, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes a participé au déploiement régional en allouant un financement de 150 000 € en 2025 et de 150 000 € en 2026.

 

« Notre priorité est d'agir le plus tôt possible, en renforçant la lutte contre le tabagisme, premier facteur de risque, et en facilitant l'accès au dépistage, notamment pour les populations les plus éloignées du système de santé. Ainsi, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes a dédié en 2026 4,8 millions d’euros pour des actions de prévention des addictions, dont 1,7 million exclusivement destinés à la lutte contre le tabagisme. »

Cécile Courrèges, directrice générale de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

« En tant que CHU, les HCL ont un rôle moteur à jouer pour faire émerger de nouvelles approches, en lien étroit avec les acteurs du territoire, et contribuer ainsi à faire évoluer les pratiques au bénéfice de la population. »

Raymond Le Moign, directeur général des Hospices Civils de Lyon.

Faciliter l'accès au dépistage des populations éloignées

Plusieurs initiatives se développent en Auvergne-Rhône-Alpes pour aller vers des publics qui n’ont pas ou peu accès aux dispositifs de prévention. Du scanner mobile à l'information de proximité, elles interviennent à différentes étapes du parcours pour sensibiliser les publics, repérer les personnes éligibles et faciliter leur orientation :

Le Pneumobile des HCL

Entre juin et décembre 2025, 1 000 patients ont bénéficié du passage de ce dispositif itinérant déployé pour aller à la rencontre des populations éloignées du système de santé. Le financement du Pneumobile est rendu possible grâce au soutien des partenaires des HCL : l’Union européenne, l’Institut National du Cancer, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes ainsi que des financeurs privés (AstraZeneca, Groupe Adène, Canon, BD Biosciences) et des partenaires associatifs (Ligue contre le Cancer, Comité Départemental contre les maladies respiratoires du Rhône).

Le SISIPHE du CNMR

Depuis novembre 2026, le Stand itinérant de sensibilisation et d’orientation pour la prise en charge du dépistage du cancer du poumon vient compléter ces actions. Porté par le Comité National contre les Maladies Respiratoires (CNMR), environ 80 missions par an sont prévues dans des lieux de vie (marchés, villages santé, entreprises) pour sensibiliser le public et accompagner les personnes dans une première évaluation de leur éligibilité.

Le camion du projet CENTAURE 

Prévu à partir de 2027, ce dispositif renforcera la démarche d’« aller-vers » dans plusieurs régions, dont l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté et la Nouvelle-Aquitaine. Présent deux mois par an en Auvergne-Rhône-Alpes avec un infirmier et un intervenant de la Ligue contre le cancer, son parcours associera évaluation de l’éligibilité, inclusion dans le programme, spirométrie (diagnostic de l’asthme et de la bronchopneumopathie chronique) et consultation de tabacologie.

Favoriser la prévention en Auvergne-Rhône-Alpes

Le tabac étant le principal facteur de risque du cancer du poumon, la prévention et l’accompagnement vers l’arrêt restent indissociables du dépistage :

Une plateforme interrégionale de télé-tabacologie

PROMÉTHÉE propose un accompagnement spécialisé reposant sur des consultations à distance assurées par des infirmières formées au sevrage tabagique. Jusqu’à quatre rendez-vous peuvent être proposés pour un suivi personnalisé sans avoir à se déplacer.
Les infirmières de la plateforme peuvent prescrire des substituts nicotiniques, ainsi que la varénicline dans le cadre d’un protocole de coopération innovant. Une évaluation auprès d’environ 1 800 participants sur deux ans dans toute la France étudiera les résultats en matière d’arrêt du tabac à douze mois.

Des actions de prévention

Dans le cadre du plan de lutte contre le tabac 2024-2027, l'ARS finance :

  • Les lieux de santé sans tabac : 86 établissements engagés dans la démarche fin 2025, avec un soutien financier de l'ARS de 525 000 € en 2026 pour 10 établissements (en lien avec le réseau RESPADD).
  • La démarche Making Every Contact Count (Faire de chaque contact une opportunité) : pour renforcer le repérage du tabagisme et l'accompagnement des patients au sein de 22 établissements retenus (financement : 880 000 €).
  • La formation au sevrage tabagique des professionnels : organisée dans 27 structures d'exercice coordonné (maisons de santé pluriprofessionnelles et communautés professionnelles territoriales de santé).
  • Les campus sans tabac : deux campus engagés à Clermont-Ferrand et Saint-Étienne.
  • La prévention des addictions auprès des jeunes grâce au déploiement du programme Handiprev dans les Instituts Thérapeutiques, Éducatifs et Pédagogiques (ITEP) (financement : 119 000 €).
  • Le développement des compétences psychosociales (CPS) auprès des enfants et des jeunes.

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