Première pose française de la prothèse de révision de Cheville INBONE
Cette prouesse a été rendue possible grâce au scanner en charge HiRise acquis en 2022 par le service, permettant d’offrir le plus haut niveau de personnalisation au bénéfice du patient, pour une pathologie douloureuse et à la prise en charge encore trop méconnue.

L'arthrose invalidante de la cheville : quels recours ?
L’arthrose est une pathologie douloureuse, qui peut résister aux traitements médicamenteux et devenir invalidante y compris pour des patients jeunes, souvent avec des antécédents de traumatisme. Lorsque la chirurgie est indiquée, c’est toujours une prise en charge complexe et de recours. Schématiquement une pathologie arthrosique invalidante de la cheville peut être traitée par deux solutions chirurgicales : soit l’arthrodèse (le blocage), soit la prothèse (le remplacement). Or, l’articulation de la cheville étant complexe et sa chirurgie technique, nombre de chirurgiens s’orientent plutôt vers l’arthrodèse qui n’offre néanmoins pas une récupération fonctionnelle idéale. Seulement 600 prothèses de cheville sont posées chaque année en France, contre 1 800 arthrodèses. Elles sont considérées comme des opérations « de niche », par rapport aux autres prothèses comme celle de la hanche (175 000 par an) ou du genou (130 000 par an), mais rendent fortement service aux patients qui en bénéficient.
Seuls 10 centres en France posent plus de 10 prothèses de cheville par an. Le service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’hôpital Lyon Sud des HCL est l’un des centres experts publics français en capacité de réaliser cette activité de première intention, mais également de révision, soit environ 50 poses annuelles.
Une prothèse INBONE/InvisionTM avec des guides de coupe sur mesure
Comme tous les implants prothétiques articulaires, les prothèses de cheville peuvent nécessiter à moyen ou long terme des révisions. Si l’intérêt des changements prothétiques a été démontré, le marché de prothèses de cheville de révision reste restreint. Une nouvelle gamme est disponible en France depuis octobre de cette année : la gamme INBONE/InvisionTM de conception US.

Plus une prothèse est bien positionnée, plus son espérance de vie sera longue. Pour gagner en précision et faciliter le geste opératoire, la prothèse de révision INBONE/InvisionTM, est couplée à un matériel de pose reposant sur des guides de coupe Prophecy TM sur mesure en impression 3D.
Concrètement, le patient passe un scanner préopératoire genou-cheville-pied, réalisé à l’aide du scanner en charge HiRise dont les HCL ont été les premiers à s’équiper en France en janvier 2022 grâce au financement de la Fondation HCL. A partir de la reconstruction 3D du genou et de la cheville, une planification de la chirurgie en fonction des données cliniques et radiographiques est validée par le chirurgien. L’impression 3D de fantôme osseux, de guides de positionnement et de coupes permet de mieux implanter la prothèse et limiter les erreurs techniques.
« Nous avons passé beaucoup de temps de formation en amont, pour préparer la planification de l’intervention », témoigne le Dr Jean-Luc BESSE, chirurgien orthopédique spécialisé dans la chirurgie de la cheville. Avec des taux de survie [de la prothèse] de plus de 95% à 5 ans dans la littérature ainsi que dans les registres internationaux, la disponibilité en France de cette nouvelle prothèse de cheville devrait constituer une solution de qualité pour les patients ayant besoin d’un changement prothétique. »
Un registre pour recenser et suivre toutes les prothèses totales de cheville implantées en France
L’Association Française de Chirurgie du Pied, sous l’impulsion de son président, le Dr Jean-Luc Besse, a créé en 2012, le Registre National des Prothèses Totales de Cheville qui vise à collecter de manière exhaustive les données relatives aux conditions de pose (indication, gestes opératoires associés…), le suivi et les éventuelles complications précoces et tardives imposant des ré-interventions chirurgicales.
Un objectif scientifique et réglementaire
- Évaluer le bénéfice médical réellement rendu par chacune des prothèses actuellement sur le marché, en repérant un éventuel taux anormalement élevé de complications, en l’absence de législation imposant aux fabricants de fournir des données prouvant leur innocuité.
- Fournir à la Haute Autorité de Santé (HAS) des données objectives, qui lui permettront de gérer les autorisations de mise sur le marché, les accords et renouvellements de remboursement des différents modèles de prothèses.
Une extraction des données est en cours afin de faire une analyse statistique détaillée des résultats fonctionnels, radiologiques et des courbes de survie en fonction de différents facteurs (type de prothèse, indications, âge, gestes associés, effet centre…). Les résultats préliminaires objectivent des taux de survie meilleurs pour les prothèses à patin fixe, les patients de plus de 50 ans et les centres réalisant plus de 10 poses par an.
En savoir plus : https://www.afcp.com.fr/registre-des-protheses-de-la-cheville/
- Hôpital Lyon Sud - Établissement